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GR70, le chemin de Stevenson : distance et étapes

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GR70, le chemin de Stevenson : distance et étapes

Le GR70, ou chemin de Stevenson, relie Le Puy-en-Velay à Alès sur environ 272 km, à travers quatre départements du Massif central aux Cévennes. Le tracé suit le voyage effectué en 1878 par l’écrivain Robert Louis Stevenson avec son ânesse Modestine. Compter 12 à 14 jours pour l’intégrale, moins pour une section.

Le GR70 en chiffres : distance, dénivelé et durée

Le sentier traverse la Haute-Loire, l’Ardèche, la Lozère et le Gard, en passant par trois territoires distincts : le Velay volcanique autour du Puy, le plateau du Gévaudan et le Mont Lozère, puis les vallées encaissées des Cévennes. Le dénivelé positif cumulé avoisine 8 000 m sur l’ensemble du parcours, ce qui classe le GR70 parmi les itinéraires de moyenne montagne exigeants, sans toutefois comporter de passage technique nécessitant du matériel d’escalade.

Sa dernière moitié traverse le territoire des Causses et des Cévennes, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011 au titre du paysage culturel agropastoral méditerranéen. Le Parc national des Cévennes qui englobe une large part du tracé porte par ailleurs le label de réserve de biosphère depuis 1985, décerné pour la richesse de ses milieux et la coexistence ancienne entre élevage extensif et forêt.

ParamètreDonnées
Distance totaleenviron 272 km
DépartLe Puy-en-Velay (Haute-Loire)
ArrivéeAlès (Gard)
Dénivelé positif cumuléenviron 8 000 m
Durée intégrale12 à 14 jours
BalisageRouge et blanc (FFRandonnée)
Départements traversés4

Ce tableau donne le cadre général, mais peu de randonneurs bouclent l’intégrale en une seule fois. La plupart choisissent une section de quelques jours, la traversée du Mont Lozère et des Cévennes étant la plus prisée pour son ambiance minérale et ses forêts de hêtres.

Le niveau requis reste accessible à un randonneur régulier : aucun passage ne nécessite de matériel technique ni d’expérience en haute montagne. La difficulté vient surtout de la répétition des étapes, du poids du sac sur plusieurs jours consécutifs et de l’exposition au vent sur les crêtes dénudées du Mont Lozère. Un débutant en itinérance a tout intérêt à choisir un format de 10 à 14 jours plutôt que de viser une traversée express en 5 jours.

Balisage rouge et blanc du GR peint sur un rocher moussu en sous-bois cévenol

Sur les pas de Stevenson : l’histoire du sentier

Le voyage de 1878 avec l’ânesse Modestine

En septembre 1878, Robert Louis Stevenson, alors jeune écrivain écossais inconnu, quitte Le Monastier-sur-Gazeille avec une ânesse achetée pour porter son couchage : Modestine. Douze jours de marche solitaire plus tard, il atteint Saint-Jean-du-Gard, dans le Gard. Ce périple de 220 km donnera naissance à Voyage avec un âne dans les Cévennes, récit publié en 1879 qui préfigure le genre du travel writing moderne. Stevenson y décrit des Cévennes rudes, encore marquées par la guerre des Camisards du siècle précédent, bien avant qu’il n’écrive L’Île au trésor.

Le récit alterne descriptions du relief, rencontres avec des paysans du Gévaudan et dialogues tendus avec Modestine, réputée récalcitrante sur les premières étapes. Cette dimension littéraire distingue le GR70 des autres grands itinéraires français : chaque étape peut se doubler d’une lecture, le texte de Stevenson servant presque de guide de voyage avant l’heure, un siècle avant l’homologation officielle du sentier.

Du sentier historique au GR70 officiel

Le tracé reste informel pendant un siècle. C’est à l’occasion du centenaire du voyage, en 1978, que la FFRandonnée homologue l’itinéraire en Grande Randonnée et pose le balisage rouge et blanc caractéristique des GR. Le GR70 officiel prolonge alors le parcours historique à ses deux extrémités : il démarre au Puy-en-Velay plutôt qu’au Monastier, et se termine à Alès plutôt qu’à Saint-Jean-du-Gard, portant la distance totale de 220 à 272 km. Le cœur historique, entre Le Monastier et Saint-Jean-du-Gard, reste la section la plus fidèle à l’expérience originale.

Les étapes du chemin de Stevenson selon la durée disponible

Le nombre de jours détermine directement la longueur quotidienne des étapes. Un randonneur entraîné peut viser un rythme soutenu, un débutant privilégiera davantage de jours pour un effort journalier plus court.

  • 5 jours : environ 54 km et 1 650 m de dénivelé positif par étape, réservé aux marcheurs très entraînés
  • 8 jours : environ 34 km et 1 000 m de dénivelé positif par étape, rythme soutenu mais réaliste
  • 10 jours : environ 27 km et 800 m de dénivelé positif par étape, le compromis le plus courant
  • 12 à 14 jours : environ 19 à 22 km par étape, rythme confortable adapté aux familles et aux débutants

En 5 à 8 jours : la traversée du Mont Lozère et des Cévennes

La section la plus courte et la plus demandée relie Langogne à Saint-Jean-du-Gard en passant par le Mont Lozère, point culminant du parcours à 1 699 m au signal de Finiels. Le sentier alterne landes à genêts, tourbières et hameaux de granit avant de plonger dans les vallées cévenoles boisées de châtaigniers. Cette portion condense l’essentiel des paysages du GR70 sans exiger deux semaines de disponibilité.

Gîte d’étape en pierre cévenole niché parmi les châtaigniers

En 12 à 14 jours : le parcours intégral

L’intégrale démarre au Puy-en-Velay par le plateau du Velay, ses coulées volcaniques et ses burons, avant de rejoindre le Gévaudan, terre de l’ancienne « Bête ». Après Langogne, le tracé rejoint la section historique décrite ci-dessus jusqu’à Alès. Ce format complet convient aux randonneurs qui veulent vivre la progression géologique et culturelle du sentier, du volcanisme auvergnat aux garrigues méditerranéennes.

Quand partir sur le GR70

Mai-juin et septembre-octobre, les fenêtres idéales

Mai et juin offrent des températures modérées et les genêts en fleurs sur le Mont Lozère, avant l’arrivée de la chaleur. Septembre et octobre apportent les teintes dorées des châtaigneraies cévenoles et un sentier nettement moins fréquenté, un atout pour trouver une place en gîte d’étape sans réserver des mois à l’avance. La plupart des hébergements jalonnant le tracé ouvrent de Pâques à la Toussaint.

Éviter juillet-août : chaleur et affluence

En juillet et en août, la chaleur peut compliquer les longues étapes exposées du plateau du Gévaudan, sans ombre pendant plusieurs heures. Les villages-étapes les plus courus, comme Le Bleymard ou Florac, tournent alors à plein régime et les gîtes d’étape affichent complet plusieurs mois avant le départ. L’hiver, à l’inverse, expose le Mont Lozère à la neige et au vent, rendant certaines portions difficiles sans équipement adapté.

Préparer sa randonnée : hébergement, équipement, budget

Réserver ses gîtes d’étape

Gîtes d’étape, chambres d’hôtes et campings ponctuent le sentier à intervalles réguliers, mais l’offre reste limitée dans les hameaux traversés. Réserver dès que les dates sont fixées, en particulier de mai à septembre où certains établissements affichent complet des semaines, voire des mois, à l’avance selon les périodes.

Quelles chaussures et quel équipement

Des chaussures de randonnée à tige montante et semelle crantée s’imposent sur les sentiers caillouteux du Gévaudan et les passages détrempés des Cévennes en intersaison. Prévoir aussi :

  • Veste imperméable : les orages cévenols peuvent éclater sans prévenir en fin d’après-midi
  • Bâtons de marche : utiles sur les descentes raides vers les vallées encaissées
  • Réserve d’eau d’au moins 1,5 litre, les points de ravitaillement s’espaçant sur le plateau du Gévaudan
  • Carte ou topoguide : le balisage GR reste fiable mais certaines bifurcations prêtent à confusion

Randonner avec un âne de bât

Reproduire l’expérience de Stevenson reste possible : plusieurs loueurs installés en Haute-Loire proposent un âne de bât entre avril et octobre, pour environ 60 à 70 euros par jour, transport de l’animal jusqu’au point de départ compris. L’âne porte le matériel et soulage les enfants sur les passages les plus fatigants, une formule pensée pour les familles à partir de 6 ans.

Ânes de bât au pré dans la campagne cévenole en automne

Budget quotidien

Compter entre 40 et 70 euros par jour en gîte d’étape avec demi-pension, moins en camping ou en bivouac dans les zones qui l’autorisent. Le camping sauvage reste interdit dans le Parc national des Cévennes, où seul le bivouac à proximité immédiate d’un refuge est toléré.

Accès en train et transport des bagages

Le tracé longe plusieurs gares SNCF, dont Le Puy-en-Velay, Langogne, Chasseradès et Alès, desservies par des TER qui rejoignent la ligne du Cévenol entre Clermont-Ferrand et Nîmes. Ce maillage ferroviaire simplifie l’organisation : rejoindre le départ en train, puis repartir depuis la gare la plus proche de l’arrivée, sans dépendre d’une voiture. Pour alléger le sac, des services de transport de bagages font circuler des navettes de gîte en gîte entre la mi-avril et la mi-octobre, avec des rotations quotidiennes entre Le Puy-en-Velay et Alès. Cette option reste précieuse pour qui préfère marcher léger et confier duvet, vêtements de rechange et matériel de bivouac au véhicule du transporteur.

Compléter sa préparation avant de partir

Le GR70 fait partie des sentiers accessibles dès une première randonnée itinérante, au même titre que le GR3 le long de la Loire, et figure d’ailleurs parmi les GR les plus faciles pour débuter. Avant de partir plusieurs jours en autonomie, ajuster le contenu de son sac grâce à la liste de matériel pour la randonnée évite le sur-poids sur les longues étapes du Gévaudan. Pour un départ de deux semaines, souscrire une assurance voyage adaptée couvre les frais de rapatriement en cas de chute ou d’entorse loin d’un village.